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30 June 2022

La CDN renforcée de la Côte d'Ivoire s'attaque à la pollution atmosphérique pour améliorer la santé publique et réduire les émissions de gaz à effet de serre

Yamoussoukro, Côte d'Ivoire

 

En Côte d'Ivoire, 24 millions de personnes sont régulièrement exposées à des niveaux de pollution atmosphérique qui dépassent les lignes directrices de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour la protection de la santé humaine. Selon les estimations de l'OMS, la pollution atmosphérique en Côte d'Ivoire a entraîné 34 000 décès prématurés, dont le décès de 8 000 enfants à la suite d'infections respiratoires et ce pour la seule année 2016. Ses effets néfastes  sont particulièrement prononcés chez les femmes et les filles, qui sont les plus impactées par la pratique de cuisson au charbon de bois et au bois.   

 

La pollution de l'air en Côte d'Ivoire est en grande partie causée par la combustion du bois et d'autres biomasse pour la cuisson, ainsi que par le brûlage à l'air libre de déchets et de résidus de récolte, ou encore par les émissions de l'industrie et des véhicules. Par conséquent, la lutte contre la pollution de l'air est essentielle non seulement pour résoudre les problèmes de santé publique, mais aussi pour débloquer une plus grande ambition climatique. Afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) du pays et d'améliorer la santé des communautés locales, la Côte d'Ivoire a récemment soumis une contribution déterminée au niveau national (CDN) plus ambitieuse à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), et qui s'appuie sur des mesures de réduction de la pollution atmosphérique. 

 

"L'un des aspects les plus importants de la CDN actualisée n'est pas seulement notre ambition accrue en matière d'atténuation du changement climatique ou les avantages liés à la pollution atmosphérique, mais le fait que les objectifs et les engagements pris, sont basés sur l'identification et l'évaluation des mesures d'atténuation spécifiques qui peuvent les atteindre", a déclaré Ange-Benjamin Brida, Ministère de l'Environnement de la Côte d'Ivoire. "Ces mesures ont été convenues avec toutes les parties prenantes responsables de leur mise en œuvre, ce qui signifie que nous disposons d'un plan clair pour passer de la définition des objectifs au processus de mise en œuvre de la CDN de la Côte d'Ivoire."  

 

Grâce à des années de collaboration, le NDC Partnership a soutenu la Côte d'Ivoire dans ses efforts pour quantifier les bénéfices pour la santé locale découlant de l'intégration de mesures de réduction de la pollution atmosphérique dans la CDN améliorée. Grâce à la mise en œuvre de 38 mesures d'atténuation incluses dans le plan actualisé sur le changement climatique, le pays espère éviter plus de 7 000 décès prématurés par an. Ce faisant, la Côte d'Ivoire est devenue l'un des rares pays à établir quantitativement les avantages sanitaires de l'action climatique, tout en fournissant des arguments solides pour accélérer la mise en œuvre de la CDN. 

 

La clé de l'évaluation de ces mesures d'atténuation a été une évaluation intégrée des GES, des polluants climatiques à courte durée de vie et de l'atténuation de la pollution atmosphérique. Cette évaluation a été soutenue par le Stockholm Environment Institute (SEI), membre du NDC Partnership, et financée par le Climate Action Enhancement Package (CAEP) avec le soutien technique de la Climate and Clean Air Coalition. À l'aide de l'outil LEAP (Low Emissions Analysis Platform) du SEI, les chercheurs et les planificateurs du SEI ont évalué des mesures et des objectifs spécifiques, notamment :  

  • Stimuler l'utilisation du gaz pour la cuisson afin que deux tiers des ménages ivoiriens utilisent des combustibles plus propres d'ici 2030,  

  • Promouvoir l'utilisation de véhicules moins énergivores et sans émissions,  

  • Prendre des mesures pour réduire les émissions de méthane provenant du pétrole et du gaz, de l'agriculture et des déchets,  

  • Développer la production d'électricité renouvelable, et  

  • Réduire la déforestation et le boisement.  

  

Le travail en Côte d'Ivoire est un exemple des efforts continus que SEI déploie pour aligner les CDN et les Objectifs de développement durable (ODD) dans environ 20 pays à revenu faible ou intermédiaire. Grâce à son Initiative sur la planification intégrée du climat et du développement, le SEI aide les pays à élaborer des stratégies qui intègrent la planification en vue d'atteindre à la fois leurs CDN et leurs ODD : les deux mesures qui sous-tendent la mission mondiale de l'Accord de Paris et du Programme de développement durable. 

 

LaCDN de la Côte d'Ivoire s'appuie sur une collaboration à long terme entre SEI et le Ministère de l'environnement de la Côte d'Ivoire, le Centre ivoirien de lutte contre la pollution et l'Université Houphouët-Boigny. De 2016 à 2020, SEI a soutenu la Côte d'Ivoire dans l'élaboration d'un plan d'action national sur les polluants climatiques à courte durée de vie, qui a identifié les principales mesures d'atténuation intégrées dans la CND actualisée. En 2015, la CDN de la Côte d'Ivoire s'engageait à un objectif de réduction des émissions de GES de 28 % par rapport à un scénario de référence ; la CDN de 2022 s'engage à un objectif inconditionnel de réduction des émissions de GES de 30 % d'ici 2030 par rapport au même scénario de référence, et à une réduction de 98 % sous réserve du soutien international.  

  

Le NDC Partnership et le SEI restent engagés à soutenir la Côte d'Ivoire pour passer de la planification à la mise en œuvre de la CDN. Par le biais de son processus d'engagement national, l'Unité d’appui du Partenariat  continuera à travailler avec les points focaux nationaux afin de combler les principales lacunes de la mise en œuvre et de mobiliser rapidement et à grande échelle le soutien essentiel des membres. Avec le soutien du CAEP, le travail de SEI en Côte d'Ivoire montre comment un soutien technique dédié peut débloquer une plus grande ambition d'atténuation du changement climatique et fournir une voie claire pour améliorer les résultats en matière de santé publique et de développement social.  

  

Chris Malley est chercheur principal à l'Institut de Stockholm pour l'environnement (SEI), une organisation internationale de recherche et de politique à but non lucratif qui s'attaque aux problèmes d'environnement et de développement. 

 

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